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La Grande table idées, par Olivia GESBERT – France Culture le 03 octobre 2019
A écouter : Comment partager nos territoires avec les animaux ? Échanges intéressants avec Vinciane DESPRET, philosophe des sciences, qui questionne, en mêlant science et poésie, la façon qu’ont les oiseaux de faire territoire, dans son dernier ouvrage « habiter en oiseau » - Actes Sud, octobre 2019
https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-idees/comment-partager-nos-territoires-avec-les-animaux
« J’ai été cognitivement bouleversée par le chant d’un merle. C’était beau. Je me suis dit que quelque chose importait dans ce chant. Le fait d’être ému par le sentiment que quelque chose importe à cet être est peut être le signe d’origines communes. » (Vinciane DESPRET). Elle ajoute… « Le merle a inventé l’importance »
Image : ACTES SUD – HABITER EN OISEAU – Vinciane DESPRET, Stéphane DURAND, Baptiste MORIZOT – Mondes sauvages – Pour une nouvelle alliance - Octobre, 2019
HABITATS : le petit cortège des dunes du Lot-et-Garonne…
dimanche 29 septembre 2019, par Nicolas Pinczon Du Sel
À l’ouest du département, la fin du plateau des Landes révèle parfois une faune de milieux dunaires
Photographie : N.PINCZON. 47-Durance, exploitation de sable. 02 juin 2019.
En d’autres temps géologiques, lors d’une période aride et froide, il y a -200 000 ans environ, les sables éoliens du plateau des Landes sont visiblement venus achever leur course à la cassure, ou à la dépression, que représente, aujourd’hui encore, la vallée de la Garonne. Nous sommes à 120 kilomètres du littoral à vol de grain de sable, mais ces, modestes, masses de silice rappellent en miniature les vastes dunes onduleuses de la côte atlantique. Le sol du secteur est constitué par une couche, de quelques mètres, de sable blanc (ou noir en surface avec l’humus), parfois plus épaisse, parfois plus infime et d’où effleure même, à l’occasion, la sous-couche sédimentaire calcaire. Un réseau hydrique y circule, créant quelques modestes mais belles rivières, affluentes de la Garonne, comme l’est l’Avance. D’une altitude d’environ 120 à 150 mètres, ce bout de plateau annonce une climatologie probablement plus chaude et plus sèche que le centre du massif des Landes. Il est cependant aussi colonisé naturellement par une couverture végétale de type lande à Ericacée (les Bruyères comme Erica cinerea), à Ajonc épineux (Ulex europaeus), à Fougère aigle (Pteridium aquilinum), associée à de la forêt de diverses espèces de chênes (dont le Chêne liège (Quercus suber), le Chêne Tauzin (Quercus pyrenaica)) et bien évidemment… le Pin maritime (Pinus pinaster) ! Les zones en lande ouverte permettent aux plantes de la famille des Cistacées (les Cistes, les Hélianthèmes…) de s’installer. Les rares dépressions humides, non plantées en Pins ou semées en Maïs, forment des tourbières avec des zones en Molinie bleue (Molinia caerulea), bordées de Saules marsault (Salix caprea), de Bouleaux pubescents (Betula pubescens) où volent parfois le rare papillon Fadet des laiches (Coenonympha oedippus) et le Criquet migrateur (Locusta migratoria gallica)… Hélas, la monoculture du Pin des Landes et ses techniques sylvicole de plus en plus radicales modifie amplement ce paysage de landes et de tourbières… les espaces typiques en landes durables ne sont plus, et les denses plantations de jeunes Pins deviennent omniprésentes. Les sols nus, défoncés par le dessouchage, en attente de plantation, ne laissent que le temps d’une recolonisation de plantes exogènes pionnières, comme le Raisin d’Amérique (Phytolacca americana). Celles-ci ont juste le temps d’envahir les parcelles pendant une saison pour aller proliférer ailleurs. Les futaies plus âgées sont rares, mais un habitat forestier intéressant, par sa richesse floristique et faunistique subsiste encore le long des cours d’eau. L’Avance est classée dans le réseau Natura 2000. De même la culture intensive du Maïs a détruit bien des habitats riches et intéressants de landes humides. Les projets de déforestation pour l’implantation de centrales photovoltaïques sont actuellement nombreux. Certains ont déjà été réalisés comme à Pompogne et à Durance. Par endroit, l’exploitation du substrat sableux a supprimé la végétation, pour laisser place à un habitat artificiel typiquement dunaire, laissant plus ou moins apparaitre la nappe phréatique.
Cartographie : Extrémité du plateau des Landes – Source : Géoportail-IGN
Dans ce secteur, si l’avifaune nicheuse des landes subsiste (les densités sont faibles) à travers quelques espèces comme la Fauvette pitchou (Sylvia undata), le Bruant jaune (Emberiza citrinella), la Linotte mélodieuse (Carduelis cannabina), l’Alouette lulu (Lullula arborea), l’Alouette des champs (Alauda arvensis), le Pipit des arbres (Anthus trivialis), la Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), le Hibou moyen-duc (Asio otus), l’Engoulevent d’Europe (Caprimulgus europaeus)… notons que le Courlis cendré (Numenius arquata), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), n’habitent plus le secteur parfois depuis trop longtemps (pour le Courlis cendré notamment, mais un lieu-dit, cultivé en Maïs, porte son nom : la Landes des Courlis)… Même le Circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus) y est plutôt rare ! La présence ancienne de la Pie-grièche grise (Lanius excubitor) a été signalée, mais cette espèce a-t-elle vraiment été nicheuse ? Les données anciennes ne précisent d’ailleurs pas toujours la distinction entre la Pie-grièche grise et la Pie-grièche méridionale (Lanius meridionalis). Des individus de Pie-grièche méridionale hivernent parfois actuellement dans le département...
Il me semble quand même original de trouver quelques espèces animales - par ailleurs plutôt régulières le long du littoral atlantique sableux - sur cette fin de plateau… au fin fond des terres Landaises !
En effet, notons au moins la présence du Criquet des dunes (Calephorus compressicornis), du Criquet de Jago (Dociostaurus jagoi), du Hanneton foulon (Polyphylla fullo), du Pélobate cultripède (Pelobates cultripes) et du Pipit rousseline (Anthus campestris). Les communes de Durance, de Fargues-sur-Ourbise, de Pindères et de la Réunion hébergent ces 5 espèces.
Photographie : N.PINCZON, Criquet des dunes (Calephorus compressicornis), 47 - La Réunion, le 23 août 2013. Orthoptère-Caelifère, qui a une nette tendance à être psammophile et apprécie donc les substrats sableux. Il est régulier sur les côtes de l’atlantique et de la méditerranée.Photographie : N.PINCZON, Criquet de Jago (Dociostaurus jagoi), 47-La Réunion, le 18 août 2013. Petit orthoptère-Caelifère, des zones arides ou des pelouses xériques. L’espèce s’observe sur le littoral atlantique et méditerranéen, où il peut remonter la vallée du Rhône. Étonnante station de l’espèce en Lot-et-Garonne, très isolée. La particularité du climat de ce bout de plateau et la possibilité d’une continuité avec les populations de Gironde et de Charente-maritime peut éventuellement l’expliquer ? Il faut faire d’autres données de l’espèce pour mieux comprendre cette présence.
Photographie : N.PINCZON, Hanneton foulon (Polyphylla fullo), 47- La Réunion, le 07 août 2019. C’est une (grosse) espèce de coléoptère que l’on retrouve dans des zones chaudes et sableuses, le long du littoral atlantique et méditerranéen, elle est associée à la végétation de ces habitats : Pins, Tamaris (Tamarix sp), Panicaut maritime (Eryngium maritimum)…
Photographie : N.PINCZON, Pélobate cultripède (Pelobates cultripes), 47-Pindères, le 14 septembre 2019. Drôle d’amphibien, qui a une curieuse façon de s’enfoncer dans le sable pour échapper aux curieux. Une population isolée de celle des dunes du littoral atlantique se maintient encore sur quelques communes Lot-et-Garonnaises mais doit probablement souffrir de la fermeture des milieux, des pratiques sylvicoles et des aléas de la présence de l’eau pour la reproduction…
Photographie : N.PINCZON, Pipit rousseline (Anthus campestris), 47-Durance, le 01 mai 2022. Espèce des habitats steppiques, ce n’est pas un oiseau rare dans les terres, bien qu’en densité souvent très faible. En Aquitaine, les populations sont plutôt concentrées sur le littoral, très rare vers le Quercy. Les individus nicheurs de cette zone semblent isolés, mais dans la continuité de la population du plateau des Landes. La photo est de mauvaise qualité… l’oiseau était farouche !
Cela reste toujours passionnant de remarquer cette diversité locale… il ne reste plus qu’à trouver d’autres espèces adaptées à cet habitat précis… sans parler du Phylan des dunes (Phylan gibbus) ou du Scarabée des sables (Aegialia arenaria) qui restent apparemment inféodé strictement aux dunes du littoral, il faut, par contre, rester attentif à la possibilité de la présence du Gomphocère tacheté (Myrmeleotettix maculatus), un Orthoptère, et de la Rutelle verte (Anomala dubia), un Coléoptère, pour qui des données existent déjà sans doute. Pourquoi ne pas rencontrer, pour les reptiles, le Seps strié (Chalcides striatus) ou le Lézard ocellé (Timon lepidus) ? Ce dernier a, tout comme le Pipit rousseline des populations sur le littoral atlantique et dans le Quercy… mais cela serait bien surprenant de le découvrir par ici celui-là !
Bibliographie :- CLAVÉ-PAPION Bérengère, Géologie, www.aquitaineonline.com/actualites-en-aquitaine/nature-et-environnement/histoire-geologique-aquitaine.html
- Atlas des oiseaux nicheurs d’Aquitaine – LPO Aquitaine et Collectif faune-Aquitaine.org – éd Delachaux et Niestlé, 2015
- Cahier d’identification des orthoptères de France, Belgique, Luxembourg & Suisse – Toutes les espèces : Sauterelles, Grillons & Criquets (+ 1 CD sonore) – Eric Sardet, Christian Roesti & Yoann Braud – Biotope éditions, 2015
- Guide des sauterelles, grillons et criquets d’Europe occidentale (+ 1 CD de chants OFFERT) – Heiko Bellmann, Gérard Luquet – Delachaux et niestlé – Vérifier la dernière édition…
- MOE, Tome 19, 2014 : Benoît DUHAZÉ & Sylvain BONIFAIT – Contribution à la connaissance des orthoptères d’Aquitaine : nouvelles données et considérations écologiques (Ensifera et Caelifera)
- Atlas des Amphibiens et Reptiles d’Aquitaine – Matthieu Berroneau – éditions Cistude Nature, 2014
- Coléoptères d’Europe – Vincent ALBOUY, Denis RICHARD - éd Delachaux et Niestlé, 2017
Excellents documentaires sur la migration de 2 oiseaux, 1 chiroptère et 1 lépidoptère !!
ARTE France
La compagnie les taxi-brousse
Clair-obscur production & la RTBF
Disponible du 11 septembre au 24 septembre 2019Auteur :Benoît DEMARLE
La Fauvette à tête noire – 43 min
https://www.arte.tv/fr/videos/074548-003-A/migrations-secretes/
La chauve-souris : Pipistrelle de Nathusius – 43 min
https://www.arte.tv/fr/videos/074548-004-A/migrations-secretes/Auteur : Alexis de FAVITSKI
Le Faucon d’Eléonore – 43 min
https://www.arte.tv/fr/videos/074548-002-A/migrations-secretes/
Le Papillon Belle-Dame – 43 min
https://www.arte.tv/fr/videos/074548-001-A/migrations-secretes/Révision de la systématique du groupe des Fauvettes passerinettes (Sylvia cantillans…)
Je reprends un thème déjà abordé dans ce blog en juin 2018 à propos des poissons Chabots (Cottidaea). Ranger, classer, ordonner… voilà le travail d’un systématicien. Il est possible de considérer à nouveau une espèce déjà décrite il y a longtemps, de manière philo-génétique, et de réfléchir sur les diversités de sa métapopulation en sous-populations… Que cachent ces sous-populations ? Diffèrent-elles de l’une à l’autre ? Finalement les différences sont-elles suffisantes pour parler de spéciation ? En s’appuyant sur des nouvelles analyses génétiques, morphologiques, éco-éthologiques, acoustiques (pour les oiseaux notamment) des chercheurs révisent la systématique d’une espèce et peuvent la distinguer finalement en plusieurs espèces. En quelque sorte, pour affiner les distinctions et les réelles nuances entre les populations, à partir de certaines différences significatives, il y a découverte d’une "nouvelle" espèce. Cela reste très utile dans les considérations scientifiques ou naturalistes qui concernent ces populations. Il est possible d’entendre alors : "cette sous-espèce est passée au rang d’espèce !". C’est le cas du groupe des Fauvettes passerinettes (Sylvia cantillans...), dont des individus nicheurs peuvent être observés, au printemps, en Lot-et-Garonne, dans le secteur de Fumel-Tournon d’Agenais. Jusqu’à présent cette petite population présente en Aquitaine n’était distincte des populations Nord-Italiennes et Corses, et de celles des Balkans que par l’idée de sous-espèces. La Fauvette passerinette est décrite par le zoologiste allemand Peter Simon Pallas en 1764. Mais depuis 2013, il est distingué 3 espèces de Fauvettes passerinettes par l’ornithologue suédois Lars Svensson (Svensson, L. 2013. A taxonomic revision of the Subalpine Warbler Sylvia cantillans. Bulletin of the British Ornithologists’ Club 133 : 240-248.). De ces 3 espèces, il est possible encore de distinguer 2 sous-espèces :
– Sylvia inornata iberiae – Fauvette passerinette (sous-espèce présente sur la péninsule ibérique et le sud de la France) = c’est notre Fauvette passerinette Lot-et-Garonnaise !!
– Sylvia inornata inornata – Fauvette passerinette (sous-espèce nord-africaine)
– Sylvia subalpina subalpina – Fauvette de Moltoni (espèce présente au Nord de l’Italie, Sardaigne, Baléares, Corse…)
– Sylvia cantillans cantillans – Fauvette des Balkans (sous-espèce présente au sud de l’Italie, Sicile…)
– Sylvia cantillans albistriata – Fauvette des Balkans (sous-espèce présente dans la péninsule balkanique, la Crète…)
Il semble que, encore actuellement, la Commission de l’Avifaune Française (MNHN, SEOF, CHN, ONCFS, LPO), reste encore sur l’idée d’une seule espèce pour Sylvia cantillans qui se divise en 4 sous-espèces. Donc, bien que toujours en latin… faut-il considérer le nom scientifique de notre Fauvette passerinette par l’approche française ou suédoise ?? A chacun de se faire une idée à la lumière des parutions scientifiques internationales, de l’avis de la CAF… Il est possible aussi de consulter le référentiel TAXREF : https://inpn.mnhn.fr/programme/referentiel-taxonomique-taxref
A ce sujet, il y a pas mal à dire aussi sur les récentes recherches qui concernent le groupe des Murins de Natterer (Myotis nattereri...), une espèce de chauve-souris européenne dont les populations finalement se divisent bien en plusieurs espèces ! Mais ceci est une autre histoire…
Revenons à notre Fauvette passerinette :
Photographie : David LAMBOTTIN. Fauvette passerinette - Sylvia cantillans iberiae ou Sylvia inornata iberiae, mâle chantant, 47-Montayral, 22 avril 2013Son : Aurélien AUDEVARD, Sylvia cantillans, mâle chantant – 83-Ste Baume, 15 avril 2018 – Source : xeno-canto.org
Subalpine Warbler (Sylvia cantillans)AUDEVARD Aurélien/xeno-cantoBibliographie :
– Le guide ornitho – Le guide le plus complet des oiseaux d’Europe, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient – L.Svensson, K.Mullarney, D.Zetterström – éd Delachaux et Niestlé, 2015
– Handbook of Western Paleartic Birds - Vol 1 : Passerines, Larks to Warblers - Vol 2 : Passerines, Flycatchers to Buntings - Hadoram Shirihai, Lars Svensson - éd, Christopher Helm - London, 2018… quelques Rhopalocères, rencontrés dans les champs et les bois !
Le Sylvain azuré (Limenitis reducta) : L’âme de la lisière forestière… d’une chênaie sous le zénith !!
Photographie : N.PINCZON, Limenitis reducta, 47-Fargues sur Ourbise, Le Coureau, 23 juillet 2016
Le Cuivré mauvin (Lycaena alciphron gordius) : Modeste et discret, un soir sur une piste de la grande lande, celle de la Fauvette pitchou (Sylvia undata), du Bruant jaune (Emberiza citrinella)…
Photographie : N.PINCZON, Lycaena alciphron gordius, 47-Houeilles, Le moulin neuf sur l’Avance, 12 juin 2016L’Argus bleu céleste (Lysandra bellargus) : Un fragment d’azur butine dans la prairie…
Photographie : N.PINCZON, Lysandra bellargus, 82-Bouloc, Pech Birague, 17 mai 2015Le Grand Nègre des bois (Minois dryas) : Jolie minois dans la clairière, sombre et joyeux !
Photographie : N.PINCZON, Minois dryas, 82-Bouloc, Pech Birague, 27 juillet 2016Robert-le-diable (Polygonia c-album) : Pourquoi diable ce nom ? Posé sur les graminées mouillées…
Photographie : N.PINCZON, Polygonia c-album, 47-Moirax, la Jorle, 26 octobre 2014L’Azuré du Serpolet (Phengaris arion) : Au milieu du Dompte-venin (Vincetoxicum hirundinaria), dans le parfum tiède de l’Origan (Origanum vulgare), sur la pelouse en pente douce constellée de cailloux blancs…
Photographie : N.PINCZON, Phengaris arion, Plaine de Toulouse, 47-Tournon-Courbiac, 08 juillet 2018Le Cuivré des marais (Lycaena dispar) : la star orange des prairies (encore) humides…
Photographie : N.PINCZON, Lycaena dispar, 82-Montaigu-de-Quercy, 09 septembre 2018La Grande Coronide (Satyrus ferula) : Quelle Diseuse de bonne aventure voudra bien lire les lignes de cette main ? Espèce méridionale, plutôt concentrée sur les pentes rocheuses à l’adret dans les Alpes, le Massif central et le Quercy. Quelques rares observations en Aquitaine (Dordogne et Lot-et-Garonne)…
Photographie : N.PINCZON, Satyrus ferula, femelle, 47-Anthé, 27 juin 2017Bibliographie :
– PAPILLONS de France – Guide de détermination des papillons diurnes – Tristan Lafranchis – Editions Diatheo, 2014
– La vie des papillons – Ecologie, Biologie et comportement des Rhopalocères de France – Tristan Lafranchis, David Jutzeler, Jean-Yves Guillosson et P&B Kan – Editions Diatheo, 2014En Lot-et-Garonne quelques espèces de mouettes et de goélands sont observables toute l’année aux abords des deux cours d’eau.
Photographie : Michel BERGALASSE, Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus), 47 Montesquieu, été 2016. On peut distinguer en arrière plan à droite des jeunes Sternes pierregarins (Sterna hirundo).
La distinction entre les mouettes et les goélands reste d’ordre linguistique en France. Il semble que, pour nous, les espèces du groupe des Laridés qui sont plutôt petites soient des mouettes et plutôt grosses soient des goélands (A noter que le mot « Goéland » viendrait du breton, et désignerait « celui qui pleure »). Les ornithologues n’en font qu’une seule famille (10 espèces nicheuses en France métropolitaine) : les « Laridés » donc. Les anglophones, eux, n’utilisent d’ailleurs que le nom de « gull » pour désigner mouettes ou goélands suivant ainsi l’idée de la classification scientifique.
Souvent associés au milieu marin, les Laridés sont des oiseaux qui appartiennent aussi aux écosystèmes aquatiques d’eau douce : fleuves, lacs, étangs… Les espèces observées ces dernières années sur le département du Lot-et-Garonne, pendant la période de nidification, peuvent être énumérées comme suit :
– Goéland leucophée (Larus michahellis) : nicheur certain, notamment sur les toits d’Agen.
– Goéland brun (Larus fuscus) : nicheur probable, notamment sur les toits d’Agen.
– Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) : nicheuse certaine, sur les gravières de la vallée.
– Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus) : observée depuis 2014 (observations personnelles), nicheuse certaine dès 2016 sur une gravière de la vallée de la Garonne (Christophe CHAMBOLLE, collectif Faune Aquitaine).
En période hivernale, la Mouette mélanocéphale semble absente. Les autres espèces sont présentes, même s’il doit probablement y avoir des phénomènes de dispersions. La population locale de la Mouette rieuse est probablement renforcée par des individus migrateurs nordiques, du moins pendant les périodes de froid intense (comme en hiver 2011). Le Goéland cendré (Larus canus) est observé occasionnellement sur la Garonne ou les gravières lors des mois de décembre, janvier ou février. La Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus) a déjà été observée sur la Garonne à Agen en novembre 2006 (1 individu, observation personnelle) et sur le Lot vers Ste Livrade en janvier 2016 (2 individus, Daniel PHILIPPE, collectif Faune Aquitaine).
Photographie : N.PINCZON, Goéland leucophée (Larus michaelis), 1 adulte et 2 poussins sur un toit du centre-ville, 47 Agen, 10 mai 2016.Photographie : N.PINCZON, Goéland brun (Larus fuscus graeslii), adulte sur un toit du centre-ville, 47 Agen, 20 avril 2015.
Bibliographie : Les Palmipèdes d’Europe - Paul Géroudet mise à jour par Michel Cuisin - éd Delachaux et Niestlé, 1999
Je vous parle d’un temps, que les moins de vingt ans, ne peuvent pas connaître… (Charles AZNAVOUR - la Bohème)
Une récente publication parue dans la revue ALAUDA – Quels niveaux de référence des populations d’oiseaux en France : ne pas perdre la mémoire, Christophe BARBRAUD et Jean-Claude BARBRAUD, ALAUDA 87, 2019 (41-51) – aborde un sujet très intéressant. Sachant que les données naturalistes plutôt systématiques, à grande échelle, numérisées, sont très récentes dans certains pays…comment évaluer les populations d’oiseaux avant cette période ? Quelles données pourraient permettre de comparer les actuelles populations avec celles d’antan ? Il y a besoin de mémoire ! et surtout : il ne faut pas s’habituer à l’actualité ! Il y a besoin pour cela de personnes familières à la connaissance de la nature, il y a besoin de transmettre des connaissances, il y a besoin de témoignages. Je vous cite juste un extrait de la conclusion : « A l’heure où le taux de dégradation des habitats et de diminution des populations d’oiseaux s’accélère, l’existence de l’amnésie environnementale constitue probablement une raison majeure au fait que nos sociétés tolèrent des écosystèmes de plus en plus appauvris et dégradés. Pour les personnes les plus jeunes, les campagnes sont normalement vides d’oiseaux et ceux-ci ne sont abondants que dans des réserves ou des parcs naturels. Pour les personnes plus âgées, des campagnes, des villages et des villes avec d’abondantes populations d’oiseaux était autrefois la norme. Cette amnésie ornithologique est potentiellement très répandue et il est urgent et important de la limiter… » (C. & J.C. BARBRAUD, 2019).
Cela me fait penser à un film de Zabou Breitman : « Se souvenir des belles choses »(2001) avec Isabelle Carré et Bernard Campan où il s’agit bien de lutter absolument pour ne pas perdre la mémoire dans une situation pathologique.
Cela, et c’est terrifiant, me fait aussi penser à un livre : « 1984 » de George Orwell. Extrait : « La mémoire était défaillante et les documents falsifiés, la prétention du Parti à avoir amélioré les conditions de la vie humaine devait alors être acceptée, car il n’existait pas et ne pourrait jamais exister de modèle à quoi comparer les conditions actuelles » (1984 – George Orwell – Gallimard, 1950 – p137)
Photographie : N.PINCZON, Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), femelle, 47 St Hilaire-de-Lusignan, 06 juin 2018. Propos peut être subjectif, mais c’est une espèce dont il est de plus en plus difficile de trouver un couple dans le Lot-et-Garonne (dans l’Agenais au moins). De mémoire, cette situation était différente il y a environ 20 ans, où certains secteurs possédaient de nettes petites populations (vallées du Bourbon, de la Masse…).
A propos de l’auteur
Animé très jeune par l’observation des animaux, je concrétise ma passion en arpentant les forêts, montagnes, rivages et autres marécages, les jumelles au cou, le carnet de notes en main, un guide d’identification toujours ouvert… à 22 ans je passe plus d’une année dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises pour étudier les Pétrels, les Prions, les Albatros, les Manchots...
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