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Un petit Aigle bien discret habite dans tout le Sud-Ouest, le connaissez-vous ?
Photographie : N.PINCZON – Aigle botté (Hieraaetus pennatus) morphe sombre, sur son site de reproduction, Vallée de la Garonne, Lot-et-Garonne - 20 avril 2019 – Notez ses bottes de plumes ! C’est-à-dire ses longs tibias + tarses.
L’Aigle botté (Hieraaetus pennatus) est un rapace tout à fait forestier pour ce qui concerne la zone où l’aire est construite, mais pour les zones d’alimentation, des espaces plus ouverts lui sont aussi nécessaires. L’espèce chasse des petits oiseaux et petits mammifères. Au mois d’avril, lorsqu’il rentre de ses quartiers d’hiver (du sud de la France jusque dans les savanes africaines) le mâle « chante » pour réaffirmer sa présence sur le site de reproduction. Dans les premières chaleurs, le parfum des vieux chênes, le vrombissement des insectes, son chant flûté, plein de vigueur, est d’une étonnante…. beauté !
Enregistrement de Bernard BOUSQUET – 64 Laroin, Avril 2018. Dans la rumeur des bois, le net chant d’un mâle.Booted Eagle (Hieraaetus pennatus)Bernard BOUSQUET/xeno-cantoDans le Lot-et-Garonne, je coordonne les informations qui concernent cette espèce, pour le compte du réseau national Aigle botté (LPO). Celui-ci étudie l’évolution des populations de l’espèce en France. Aux naturalistes Lot-et-Garonnais qui l’observent lors de sa période de reproduction (parades en avril - incubation en mai/juin - élevage des jeunes en juin, juillet, août) je propose donc de me contacter pour mettre en commun nos observations et échanger sur cette espèce dans le département !
A consulter : http://rapaces.lpo.fr/aigle-botte/suivi-et-conservationLeurs belles silhouettes étranges attestent du temps qui passe…
Photographie : N.PINCZON, Chêne indéterminé, probablement Quercus pubescens, solitaire au-dessus de la vallée de la Garonne, 47 Monbran, mars 2017
Les habitats qui conservent des arbres morts dans les haies, les bois et les forêts sont d’évidence plus riches en biodiversité ! D’abord, ces arbres sont décomposés par une foule d’insectes (souvent des Coléoptères) et de champignons, puis deviennent des supports pour les picidés qui y creusent leurs loges, des reposoirs pour les rapaces diurnes ou nocturnes, les Pie-grièches et bien d’autres oiseaux… Enfin, les chiroptères et les petits passereaux habitent souvent sous les écorces et dans les anfractuosités du bois… Se poster non loin, ou prospecter un tel cadavre gigantesque est un régal pour le naturaliste !
Photographie : N.PINCZON – Pic épeiche (Dendrocopos major), mâle en train de creuser sa loge– 47 VILLETON – RNN de l’étang de la Mazière – Février 2019
Photographie : N.PINCZON - Le Lamie tisserand (Lamia textor), Cerambycidae assez commun dans les Peupliers et Saules morts des ripisylves, sa larve est xylophage - 64 Laroin, bord du Gave de Pau - Avril 2017
Moustique tigre, frelon asiatique… : pas de ça chez nous ?
vendredi 12 avril 2019, par Nicolas Pinczon Du Sel
France Culture : DU GRAIN À MOUDRE par Hervé Gardette
Émission du 10 avril 2019 à 18h20 en podcast :
https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/moustique-tigre-frelon-asiatique-pas-de-ca-chez-nous
Quelques échanges très intéressants, différents points de vue sur ce que je considère comme un réel problème : la présence d’espèces exogènes dans les habitats naturels. Dans le Sud-Ouest, un minimum de 40 espèces d’insectes, oiseaux, mammifères, poissons, amphibiens, reptiles, crustacées, annélides… sont allogènes et se reproduisent (peut-être davantage ?). Ma position serait de dire que, sans doute, trop peu de moyens scientifiques sont mis en œuvre pour mieux les connaître. La question est : comment s’intègrent-elles dans les écosystèmes ? Dans quels réseaux trophiques se situent-elles ? Quelles pressions compétitives engendrent-elles ? (alimentaire, spatiale, sonore, parasitaire…) sur la faune native. Pour cela, absolument toutes les espèces devraient être intégrées dans un ensemble de suivis ou d’études : suivi de la colonisation spontanée, dynamique de population, régime alimentaire, prédation, etc… et ainsi de définir si ces espèces ont vraiment un caractère invasif, perturbant pour le milieu colonisé. C’est-à-dire nuisent-elles à l’équilibre du milieu colonisé en occupant une niche écologique déjà occupée ? Il y a un réel risque de perte de biodiversité avec la présence de population d’espèces exogènes, un risque d’homogénéisation des espèces, l’une remplaçant l’autre petit à petit. Une même espèce invasive se retrouve parfois sur plusieurs continents. Enfin, au-delà des apports non-contrôlés, dus aux activités économiques, les lois sur la vente et la détention d’espèces exotiques importées me semblent bien complexes, ce qui complique sans doute le travail de la police de l’environnement. Je reste impressionné par la quantité d’espèces exotiques en vente officiellement dans les animaleries. Aucune, il me semble, n’a subi un test « d’invasivité potentiel » avant le droit à la vente.
J’ai l’impression que tous ces problèmes ne font que commencer !!…
Un document de mai 2016 sur ce sujet est disponible sur le site de l’OAFS (http://www.oafs.fr/) et dans Documents et prestations sur ce même blog : Etat des lieux sur la Faune exotique présente en Aquitaine – Vertébrés continentaux et invertébrés ciblés – OAFS révision mai 2016
Photographie : N.PINCZON –Léiothrix jaune (Leiothrix lutea), Pyrénées-Atlantiques, Mai 2017 - Originaire de Chine, solide population nicheuse dans le 64, mâle capturé (et relâché puisqu’il s’agit d’une étude en Capture-Marquage-Recapture) dans le cadre d’un programme Suivi Temporel des Oiseaux Communs (STOC) pour le Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’oiseaux (CRBPO)– Museum National d’Histoire Naturelle, Paris
PROSPECTION CHAUVES-SOURIS DANS L’ALBRET – Juillet 2019
jeudi 11 avril 2019, par Nicolas Pinczon Du Sel
Mieux connaitre les chiroptères d’une région en Lot-et-Garonne
Photographie : N.PINCZON –Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) en léthargie dans une cavité artificielle – Lot-et-Garonne – Février 2019
Dans le Lot-et-Garonne, quelques acteurs de l’environnement s’associent pour que des naturalistes effectuent le week-end du 06 & 07 juillet prochain des prospections de bâtiments (églises, châteaux, maisons, granges, moulins, ponts…) afin de mieux connaître les populations de certaines espèces de Chauves-souris. Pour anticiper les lieux où les prospections peuvent se focaliser, il y a moyen pour les habitants de l’Albret de participer en remplissant un questionnaire dans le cas où des Chauves-souris logent chez eux. Vous trouverez sur la page Documents et prestations de ce blog ce questionnaire à télécharger. La plaquette apporte également quelques informations sur ces mammifères volants insectivores. De manière plus large, cette action est inclue dans des projets en faveur des chiroptères : suivi de colonies reproductrices ou hibernantes, restauration de corridors écologiques (haies…), connaissances des habitats où les espèces s’alimentent dans les vallées de la Baïse, de la Gélise et plus globalement sur l’Albret. Les 3 organisateurs essentiels sont la SEPANLOG, le CEN AQUITAINE et ALBRET COMMUNAUTÉ.
L’oiseau qui n’a pas peur de l’avenir…
Photographie : N.PINCZON – Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) – 47 Agen – Avril 2015
L’histoire des populations de cet oiseau est assez étonnante. Avant 1900, La Tourterelle turque (Streptopelia decaocto) est encore très orientale. Elle est présente en Inde, d’où elle est originaire, et l’espèce est présente jusqu’en Turquie à l’ouest. La répartition de l’espèce commence à évoluer nettement vers l’ouest et le nord-ouest entre 1900 et 1950. La première mention française date de 1950, et la première nidification en 1952. A partir de là, cette espèce n’a fait que coloniser la France, la Suède, la Norvège, la Grande-Bretagne, l’Irlande, la péninsule Ibérique dans les années 1970, puis l’Afrique du nord dès 1986. L’espèce a été relâchée artificiellement aux États-Unis qu’elle colonise actuellement. Pourquoi un tel dynamisme ? Pourquoi cette population a brusquement « explosé » démographiquement au début du 20ième siècle ? Bien des facteurs sont à l’origine de cette expansion, qu’il n’est pas toujours facile de décrypter. Ce que l’on observe actuellement, c’est que cet oiseau a des capacités extraordinaires à s’adapter aux habitats anthropisés. C’est un mélange de zones urbanisées et cultivées de manière plus ou moin intensive qui lui convient le mieux. Également nécessaire, un climat avec des hivers pas trop rigoureux si possible. Par les temps qui courent, disons que tout cela tombe bien ! Dans le moindre village, c’est elle qui, perchée sur un lampadaire, fait office de réveil matin : « cou cou coûû, cou cou coûû… etc ». Vous connaissez ? Le mâle associe à ce chant, un vol nuptial : il s’élève énergiquement à la verticale, puis se laisse revenir doucement à son poste de chant en planant longuement, toutes plumes déployées. Quand je pense à toutes les espèces qui, au contraire, régressent ou qui disparaissent !! C’est un oiseau tout à fait étonnant, mais qui révèle sans doute, à travers sa vigueur démographique, la sérieuse dégradation des habitats naturels et la suprématie des zones dégradées, notamment « semi-urbaines » comme les banlieues, lotissements, zones commerciales…
Sources :
– Eraud C., Boutin J.M., Roux D., Adnène Belared B., Lormée H. – La Tourterelle turque : histoire et dynamique d’une expansion – Faune Sauvage n°293, 2011
– Géroudet P. – Limicoles, gangas et pigeons d’Europe – Éd Delachaux et Niestlé – Paris, 1983LSD, LA SERIE DOCUMENTAIRE SUR FRANCE-CULTURE
Cette semaine sur France-Culture, 4 émissions de 55 minutes consacrées aux mammifères marins...
LSD, LA SERIE DOCUMENTAIRE A 17:00
Oublier Moby Dick (1/4) : A l’écoute des cachalots et autres cétacés.
Les capacités de certaines nouvelles technologies, permettent à des passionnés de re-découvrir l’univers fabuleux de ces animaux marins : nouvelles espèces, écologie, communication, vie sociale, migrations… Les cétacés, les baleines, les dauphins, subissent, depuis des centaines d’années, une chasse intensive par l’Homme. Pourtant, il semble que celui-ci ne fait que commencer à découvrir leur vraie richesse : des adaptations extraordinaires pour vivre dans l’immensité des espaces marins !!
https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/oublier-moby-dickPhotographie issue du lien, de ALEX VOYER - Sur la photo : Marianne Aventurier
« La nuit est limpide, l’étang est sans ride, dans le ciel splendide luit le croissant d’or. Orme, chêne ou tremble, nul arbre ne tremble, au loin le bois semble un géant qui dort. Chien ni loup ne quitte sa niche ou son gîte, aucun bruit n’agite la terre au repos. Alors dans la vase, ouvrant en extase leurs yeux de topaze, chantent les crapauds… ». (Chanson de Marc LEGRAND et Victor MEUZY, couplet 1 – très belle interprétation de Alain SOUCHON - Album Cause d’elles, 2011)
Photographie : N.PINCZON – Crapaud commun ou épineux (Bufo spinosus) – Amplexus – 47 Réaup-Lisse – Février 2019
Il est quelques espèces de batraciens qui ont du mérite ! Par les temps qui courent, pas évident d’être un Crapaud épineux (Bufo spinosus), un Crapaud calamite (Epidalea calamita), un Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus), un Alyte accoucheur (Alytes obstetricans), un Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata), une Grenouille rousse (Rana temporaria), une Grenouille agile (Rana dalmatina) ou tout autre espèce qui a besoin d’un habitat de reproduction correct au coeur d’un domaine vital annuel qui devrait être, lui aussi, tout autant correct pour une population. Les lieux de reproduction sont essentiels. Il s’agit d’une mare, d’une flaque, d’une prairie naturelle inondée, d’un fossé, d’une ornière de tracteur remplie par la pluie… des zones en eau parfois de manière très temporaire, mais qui ont la caractéristique de ne pas héberger de poissons prédateurs ! Le domaine vital a, lui aussi, son importance : forêt, bois, prairies humides, dunes, haies, bord de ruisseaux, vielle souche ou tas de pierres et ses alentours…
Photographie : N.PINCZON – Sous-bois inondé, habitat de ponte de la Grenouille agile (Rana dalmatina) – 47 Prayssas, Vallée de la Masse – Février 2019La détérioration des habitats est encore régulière : carrières ou mares comblés, prairies labourées ou drainées, fossés curés en pleine reproduction, haies éradiquées, exploitation intensive des forêts… La traversée des routes est, hélas, très meurtrière (surtout les soirs de pluie où la température est douce). Les niveaux d’eau sont particulièrement bas certains printemps et les chaleurs et les sécheresses estivales sont intenses et trop régulières. La pollution de l’eau est insidieuse… Tout cela malmène ces étonnants petits habitants. Et pourtant quelle richesse ! Dans la diversité des espèces, dans la manière de peupler les différents habitats, dans la singularité des chants. Mais comment évaluer l’état des populations ? Comment comparer les effectifs avec ceux d’autrefois ? Qui peut témoigner de la densité des populations de batraciens d’il y a 50 ans et plus ?
Photographie : N.PINCZON – Grenouille agile (Rana dalmatina) – Amplexus – 47 Pindères – Mars 2019En Lot-et-Garonne, de 11 à 13 espèces d’anoures (crapauds, grenouilles et rainettes) sont présentes. Les 3 espèces de Grenouilles vertes sont difficiles à distinguer, il semble qu’au minimum Pelophylax ridibundus est avérée présente au sein du complexe des 3 pelophylax (pelophylax sp). Parmi toutes ces espèces, 2 sont vraiment rares : le Pélobates cultripède (Pelobates cultripes), un spécialiste des milieux sableux type dunaire (que l’on peut trouver sur le plateau Landais) et le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata) qui est ici en limite méridionale de sa répartition. Il se maintient dans la campagne vers Monflanquin (3 stations). Mais peut-être ailleurs ? Si vous l’entendez chanter, si vous l’observez au printemps dans quelques flaques boueuses, je suis preneur de l’information !
Voir le site de Nature en Occitanie sur la page du Sonneur à ventre jaune (images, chant…) : http://www.naturemp.org/Sonneur-a-ventre-jaune.html
Depuis le 19 novembre 2007, la loi Française protège tous les reptiles et les amphibiens sur son territoire. Il est interdit de les tuer, de les attraper, de les détenir en captivité, de détruire leurs œufs, de détruire ou de dégrader les sites de reproduction ou de repos de ces animaux (habitats)… c.f https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000017876248
Sachez apprécier le chant sonore des Grenouilles vertes (pelophylax sp) ou de la Rainette méridionale (Hyla meridionalis) les nuits d’été. Indignez-vous plutôt du bruit continu, comme un interminable acouphène, des avions, des voitures, des motos et des tronçonneuses…
Photographie : N.PINCZON – Alyte accoucheur (Alytes obstetricans) dans la lumière lunaire - 47 Feugarolles, Brazalem – Mars 2019Photographie : N.PINCZON - Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) - 47 Born, Piis - Février 2018
Photographie : N.PINCZON - Grenouille rousse (Rana temporaria) - 64 Saint-Engrâce, Ehujarre - Juillet 2015
Un lien vers les animations 2019 de "FREQUENCE GRENOUILLE" :www.reseau-cen.org/fr/les-operations-nationales/frequence-grenouille/2019-frequence-grenouille-25eme-edition
Bibliographie :
– Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg – Rémi Duguet et Frédéric Melki – ACEMAV – Biotope éditions, Publications scientifique du Muséum, Parthénope collection, 2003
– Le guide herpeto – 228 amphibiens et reptiles d’Europe – Nicholas Arnold, Denys Ovenden – Delachaux et Niestlé, 2010
– Atlas des Amphibiens et Reptiles d’Aquitaine – Matthieu Berroneau – éditions Cistude Nature, 2014
– Guide des Amphibiens et reptiles d’Aquitaine – Matthieu Berroneau – éditions Cistude Nature, 2015A propos de l’auteur
Animé très jeune par l’observation des animaux, je concrétise ma passion en arpentant les forêts, montagnes, rivages et autres marécages, les jumelles au cou, le carnet de notes en main, un guide d’identification toujours ouvert… à 22 ans je passe plus d’une année dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises pour étudier les Pétrels, les Prions, les Albatros, les Manchots...
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